Jordane Saget

ou l'art de l'éphémérité

Publié le 20/07/2017

D'une bouche de métro à la cour du Palais-Royal, les hypnotiques arabesques à la craie de Jordane Saget n'échappent à aucun parisien. Le jeune artiste contemporain confie à CultureSecrets la genèse de son travail et l'origine de ses formes, identifiables au premier regard... Rencontre.

 

 

 

 

  • Pouvez-vous nous raconter ce qui vous a orienté vers la création ?

 

J’ai toujours dessiné, chez moi d’abord en toute confidentialité avant de le faire dans la rue, toutefois je n’ai jamais pensé pouvoir vivre grâce à cela. J’ai longtemps travaillé dans la restauration jusqu’à ce que je fasse un burn out qui m’a conduit à ne faire que dessiner et en finalité de pouvoir en vivre.

 

  • Quand et pourquoi avez-vous décidé d'investir les espaces publics avec vos dessins ?

 

Grâce à un conseil avisé qui m’a amené à sortir de chez moi à la suite de ce burn out. Sortir, certes mais pourquoi faire ? J’ai donc fait à l’extérieur avec une craie ce que je faisais à l’intérieur avec une plume et j’y ai pris beaucoup de plaisir, j’ai donc continué...

 

  • Quelles sont les sources d'inspiration de ces formes si caractéristiques de votre travail ?

 

Les mathématiques, la physique quantique, la science en général et tai chi chuan. Depuis l’enfance, Je cherchais une formule pour comprendre le monde… De ces recherches sont nées trois lignes.

 

  • Ces motifs symbolisent-ils quelque chose de particulier ?

 

C’est l’idée et la représentation que je me fais de la matière, jusqu’à présent de l’infiniment petit et donc de l’infiniment grand.

 

 

 

 

  • La craie est un matériau destiné à être effacé, est-ce ce que vous recherchez ?

 

Dans la rue, je ne tenais pas envahir l’espace public de façon indélébile. Je souhaitais et souhaite toujours à ce que mon travail puisse être effacé si désiré.

 

  • Le street art doit il forcément rimer avec éphémérité ?

 

Je ne sais pas pour les autres mais en ce qui me concerne oui.

 

  • Pourtant on note une évolution du street art qui s'expose maintenant dans les musées et chez les collectionneurs, trouvez-vous qu'il s'agisse là d'un paradoxe ou d'une évolution positive ?

 

Pour les puristes c’est un paradoxe à ma connaissance, personnellement je n’ai pas une opinion tranchée sur le sujet. Ceux qui dessinent dans la rue, dessinent aussi souvent chez eux pour la plupart. Par ailleurs si les collectionneurs et les musées ont envie de street art, au nom de quoi devrait on les en empêcher...

 

  • Y a t'il une dimension décorative dans votre oeuvre ? Vise t'elle à égayer le quotidien des citadins ?

      

Je l’espère.

 

  • Dans quel lieu dans le monde rêveriez-vous de réaliser vos dessins ?

 

La Lune.

 

  • Demandez-vous des autorisations pour dessiner dans les lieux publics ou la notion de transgression vous intéresse t'elle ?

 

Non, je ne demande pas d’autorisations mais ce n’est pas par transgression pour autant. Je travaille de façon intuitive si je demandais une autorisation mon travail perdrait toute spontanéité.

 

 

 

 

  • Pouvez-vous nous parler de la performance que vous réaliserez le 31 août ?

 

Ce sera une performance au blanc de meudon dans mon studio sur des fenêtres. Il s’agit d’un travail éphémère. Je ne vous en dis pas plus, c’est une surprise.

 

  • Parlez nous de vos projets...

 

Il y a une distinction à faire entre mes projets personnels et mes projets au sein du studio, bien que très reliés. Je dessine et expérimente tout le temps. Toutefois lorsque je réponds à une commande je le fais au sein du studio. J’aime beaucoup ce travail de création et de collaboration car il me permet d’œuvrer au mieux en équipe pour mon client. Ces projets à venir doivent pour l’instant rester confidentiels... En ce qui concerne le reste, je vais continuer à travailler chez des particuliers, réalisant chez eux des fresques ou customisation diverses.

Je ferai deux performances à Neuilly début septembre, ville qui m’a chaleureusement accueilli, il y a quelques mois en me commandant une oeuvre. Au sein du studio, je crée une ligne d’objets en ce moment même dont un miroir qui est en vente sur commande, du marbre avec mes lignes en collaboration avec mon frère qui est tailleur de pierre et l’un des mes meilleurs ouvriers de France. Je travaille aussi sur une exposition plus conceptuelle, les projets foisonnent, je suis très heureux.

 

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