Julio Bittencourt

Photographe du monde

Publié le 14/04/2017

 

 

 

"In a window" © Julio Bittencourt

 

 

  • Comment êtes-vous devenu photographe ?

Après avoir passé toute mon adolescence à New York, je suis retourné au Brésil où j'ai commencé en l'an 2000 un stage au département photo d'un journal économique qui n'était à ce moment-là qu'au stade de projet. Je n'ai vraiment commencé à travailler en tant que photographe au sein de cette même parution que deux ans plus tard, je suis alors parti au Mozambique et je travaille de façon indépendante depuis 2006.

 

  • Quelles sont vos sources d'inspiration ?

J'ai une propension à m'intéresser aux gens et à leur environnement, j'aime étudier la relation qui émane de ce mélange. 

 

  • Pouvez-vous nous parler des photographes qui vous inspirent ?

Il y en a beaucoup mais si je ne devais en citer qu'un ça serait l'espagnol Miguel Rio Branco. Ma source d'inspiration vient cependant davantage d'écrivains et de peintres que de photographes.

 

  • Que voulez-vous exprimer à travers vos images et comment voyez-vous votre évolution en tant que photographe ?

Pendant les douze dernières années, mon intérêt principal en tant que photographe a été de me dédier à l'interprétation des relations entre les gens et leur environnement direct, à travers une série de différents projets qui visent à éveiller les consciences sur la façon dont nous vivons, occupons et partageons le monde, particulièrement dans les grandes villes.

Si j'observe mon évolution en tant que photographe, un de mes chers amis et confrère m'a dit un jour qu'il fallait dix ans pour savoir si quelqu'un allait vraiment devenir photographe, dix de plus pour savoir dans quelle direction il ou elle se dirigerait et toutes les années suivantes pour trouver sa voix et, avec un peu de chance, être bon dans ce qu'il fait. J'ai une idée assez précise de là où je veux aller mais je suis très heureux là où je suis aujourd'hui.

 

  • Comment votre série "Ramos", exposée au festival "La quatrième image",  est-elle née ?

J'ai toujours voulu réaliser un corps de travail autour des plages brésiliennes. Je me souviens distinctement du jour où j'ai lu cet article au sujet de cette piscine qui ressemblait à une plage des faubourgs de Rio en 2001. Cela m'a pris huit ans depuis la lecture de cet article jusqu'à cet endroit et quatre de plus pour la réalisation de ma série. De 2009 à 2012, j'ai passé la plupart de mon temps entre Sao Paulo - où je vivais à l'époque- et cette fameuse piscine.

 

 

"Ramos" © Julio Bittencourt

 

 

  • Vos photographies sont très colorées et ponctuées d'ombres saisissantes. Pouvez-vous nous expliquer ce choix esthétique ?

Les sensations que j'ai ressenti la première fois que je suis arrivé à Ramos ne m'ont jamais quitté pendant tout le projet. C'était un mélange de chaleur intense, de corps, de musique à plein volume et d'une joie de vivre que je n'avais jamais observé jusqu'alors. Afin d'accentuer cela, j'ai choisi de toujours photographier sous des lumières crues -entre 10 heures et 15 heures- pour essayer de transmettre ces sensations que nous ressentions tous à cet endroit précis, même si c'était inconscient à l'époque.

 

  •  Votre approche est-elle plutôt planifiée ou spontanée ?

Cela dépend d'un projet à l'autre mais comme j'ai passé de nombreuses années sur chaque projet, j'ai tendance à planifier des mois à l'avance, parfois même des années puis, je me laisse porter par le courant... "Ramos" est la seule exception à ce processus et ce, pour deux raisons principales: un désir personnel de photographier un projet qui soit moins dirigé et planifié et, comme je l'ai appris durant ces quatre années de travail, l'endroit lui-même exigeait plus de spontanéité de ma part.

 

  • Que pensez-vous de la photographie aujourd'hui, notamment à travers les réseaux sociaux ?

Je ne crois pas en un type unique de photographie, je pense que toutes ses formes sont valides. Mais je trouve que les réseaux sociaux et la démocratisation récente de la photographie à travers des outils et des technologies ne profitent vraiment qu'aux professionnels. A des niveaux variables, la même chose est arrivée à l'industrie du film et de la musique. Nous savons tous que le monde change alors pourquoi pas la photographie ? C'est une époque très excitante pour vivre et faire ce que je fais.

 

  • Pouvez-vous nous parler de vos futurs projets ?

Pendant les trois dernières années, j'ai travaillé sur un projet intitulé "Plethora". Utilisant de multiples photos pour constituer chaque image, ce projet reflète le thème de la surpopulation globale en montrant comment vivre dans de grands décors urbains affecte la vie des gens à travers sept pays différents dans lesquels ce problème est particulièrement important. Si tout se déroule comme prévu, je devrais avoir fini à la fin du mois de juillet, moment où ce projet sera exposé au Brésil et en Allemagne. Je commencerai à travailler sur une autre série en décembre 2017.

 

 

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