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Richard Dumas

Photographe de légende(s)

Publié le 18/10/2017

 

 

 

Keith Richards © Richard Dumas

 

 

• Comment êtes-vous devenu photographe ?

 

Mon père qui était un photographe amateur averti m'a un jour passé son Rolleiflex pour que je prenne la famille en photo. Je devais avoir une dizaine d'années et ça ne m'a plus quitté depuis.

Par la suite, à la sortie de l'adolescence, par amour de la musique je me suis mis à photographier mes amis musiciens qui fondaient des groupes qui étaient une seconde famille pour moi.

 

 

• Quelles sont vos sources d'inspiration ?

 

La musique pour les modèles, les pochettes de disques mais aussi le cinéma et particulièrement le cinéma expressionniste allemand d'avant-guerre pour sa rigueur et sa précision...

 

 

• Qui sont les photographes dont vous admirez particulièrement le travail ?

 

Helmut Newton, Ralph Eugene Meatyard, Araki et Carlo Mollino, un architecte italien dont l'œuvre photographique parallèle me hante...

 

 

Miles Davis © Richard Dumas

 

 

• Vous avez photographié une myriade de célébrités, pouvez-vous nous raconter votre rencontre la plus marquante ?

 

Miles Davis m'accueillant d'un intimidant : "Vous savez combien ça coûte de photographier Miles Davis ?"

- Non Monsieur, je réponds.

- 5000 $, il me lâche !

Après un petit instant de désarroi, j'ose un : "Mais vous méritez beaucoup plus Monsieur Davis !"

Je le vois alors retirer ses lunettes noires, me sourire et prononcer cette phrase dont je me souviendrai toujours : "Tu as raison mec, pour toi ce sera gratis !"

 

 

• Pourquoi privilégiez-vous le noir et blanc à la couleur ?

 

J'ai commencé par la couleur puis je suis revenu au noir et blanc de mon père et du cinéma expressionniste. Trop de couleur distrait le spectateur, disait Tati. Cela me permettait également de faire mon propre laboratoire de tirages.

 

 

• Pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous ne photographiez qu'en argentique ?

 

J'ai été l'un des premiers en France à proposer à la presse de travailler en numérique. Mais rapidement l'absence de négatif, c'est à dire d'un objet à modeler, m'en a détaché. Mes prises de vues professionnelles sont maintenant toutes en argentique. Sinon j'utilise aussi mon iPhone un peu comme un polaroid, je vérifie la lumière, la pose, le cadrage et l'angle !

 

 

• Sous le #richarddumas sur Instagram on trouve des centaines de vos photos argentiques. Que pensez-vous de la diffusion numérique de votre travail ?

 

La diffusion numérique à outrance retire du mystère aux images, il faut voir les images sur papier pour vraiment les sentir. Sinon ce n'est que de l'information, vite vue, vite digérée, vite recrachée...

 

 

Joe Strummer © Richard Dumas

 

 

• Comment se déroulent généralement vos séances photographiques ?

 

Je suis seul, un ou deux appareils dans un petit sac, pas de lumières additionnelles. Je commence par le repérage des lieux à la recherche de lumières, matières, géométries ou textures qui pourraient servir d'écrin à la personne que je vais photographier. Une fois l'endroit trouvé, je guide le modèle très précisément sur sa position et j'essaie de lui faire oublier totalement le fait que l'on fasse des photos...

 

 

• Quelle est la partie de votre travail que vous préférez ?

 

Le tirage en chambre noire, quand les angoisses de la prise de vue ou du développement se sont évanouies. Seul face à un négatif qui doit être interprété, un peu comme un chanteur face à une partition.

 

 

• Votre exposition à la galerie Polka s'intitule "Amateur", pouvez-vous nous expliquer le choix de ce titre ?

 

Le mot "PRO" utilisé à outrance aujourd'hui me fatigue, comme si l'on voulait cacher un manque de professionnalisme finalement ! J'ai commencé la photo en amateur et quelque part je le suis resté. Et j'aime bien ce mot où il y a "aimer" et "âme".

 

 

• Parlez-nous de vos projets...

 

Une exposition intitulé TAN ( "le feu" en breton) autour de l'incendie du Parlement de Bretagne à la Commanderie des Templiers de St-Quentin en Yvelines. Et un grand livre aussi !

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